vendredi 1 février 2008

L'hiver à la campagne

Quand j'ai emménagé à Bouseux Land lès Normandie, je ne connaissais de la campagne en hiver que ce que j'avais brièvement pu en voir pendant les vacances scolaires passées chez mes cousins. Autrement dit : un peu de neige, beaucoup de marshmallows grillés dans la cheminée, des sorties MacCrado-ciné fréquentes histoire de pas rentrer à la maison avec la pneumonie fatale post piscine ou balades en forêt.

Juste pour dire que lorsque mon premier vrai hiver à Bouseux Land lès Normandie a pointé le bout de son nez, je suis tombée de très très haut. Par chez nous, l'hiver débute vers le 15 septembre, laisse la place à l'automne au mois de novembre, revient en force peu avant Noël pour s'éclipser au profit d'un climat quasi printanier aux alentours du Nouvel An, avant de s'installer pour 3 bons mois à partir de mi-janvier. Et les dérèglements climatiques ne sont pour rien là dedans, il paraît que ça a toujours été comme ça, la faute à un micro-climat qui couvre ce maudit plateau coincé entre les vallées de la Seine et de l'Eure.

Quand on a grandi au bord de la Méditerranée, ça fait un choc, thermique surtout. Moi qui étais à l'article de la mort lorsque j'attrapais le moindre rhûme, j'ai découvert les joies de la pneumonie (10 jours d'arrêt de travail, amorphe pendant un bon mois), de la grippe (yeux collés pendant 3 jours, cerveau englué pendant 15 jours), et du micro-rhûme chronique pendant 6 mois de l'année.
J'ai aussi appris ce que l'expression "se les geler sévère" signifiait vraiment. Pour moi, il faisait froid quand le thermomètre ne dépassait pas les 10° à la mi-journée : à Bouseux Land lès Normandie, c'est carrément le Pôle Nord, jusqu'à -7° le matin au réveil, au mieux 3° à midi s'il fait beau, et retour des gelées dès la tombée de la nuit. Youpi.

Enfin youpi, mais moi ça va. Ok les collants en laine sous les pantalons c'est pas sexy et ça fait patate, ok j'ai l'air une mémé à la maison avec ma robe de chambre toute moutmout et mon plaid polaire, ok je pourrais faire un effort mais seulement si EDF baisse ses tarifs chauffage, je suis pas Crésus. Bon, je m'en remettrai, enfin je m'en remets quand le printemps arrive, et j'oublie jusqu'à l'hiver suivant.
Mais là où ça fait vraiment mal, c'est au niveau automobile. Franchement, j'aimerais bien pouvoir me passer des galères hivernales avec ma voiture, mais ici, pas de voiture = pas de vie sociale = coincée dans un bled où y'a rien de chez rien à part un bar de bouseux = impossible d'aller bosser = pétage de plombs au bout de 2 jours maxi, j'ai essayé, je referai pas. Sauf que je sais pas, mais ma voiture a pas dû être conçue pour vivre dans une région pareille, ou alors je me suis plantée j'ai acheté le modèle spécial sud, enfin va comprendre, mais l'hiver, c'est la plaie. 15min pour démarrer le matin (et 1/4 de plein), brâtbrâtage intense à chaque redémarrage dans la journée, 3 calages minimum sur 400m le soir avant de pouvoir rentrer. Evidemment, je parle même pas de l'horreur absolue du lundi matin après un week-end glandage sans mettre une seule fois le museau dehors, et donc sans toucher à la bête pendant 48h. Et pourtant elle dort à couvert, bon ok si le proprio voulait bien lâcher les clés de la grange ça serait encore mieux, mais l'appentis c'est toujours mieux qu'au beau milieu d'un couloir de vent à l'entrée du jardin (et toujours mieux que dans la pelouse qui souffre déjà suffisamment comme ça), non ? Ma voiture, c'est la Princesse au Petit Pois.

Quant à moi, il y a mille et une raisons qui font qu'à la fois j'adore et je déteste l'hiver ... la suite au prochain épisode.

1 commentaire:

Petit Bruit a dit…

nan mais dis donc! t'as fini de déménager tous les 3jours?
j'ai pas que ça a faire moi de remettre mes liens à jour (a moins que tu ne veuille pas...dis moi coupine!)

très bon wikende miss!
des bisous